Villeurbanne - Innovation Révolution dans le monde agricole : ils ont inventé le robot tueur de nuisibles En plein débat sur le futur de l’agriculture française, des chercheurs de l’Insa pensent et conçoivent les solutions de demain. Rencontre avec François Gabriel Feugier, fondateur de Green Shield Technology, Arnaud Lelevé, chercheur et coordinateur du projet et Vincent Dufour, ingénieur. De gauche à droite : Vincent Dufour, Arnaud Lelevé et François Gabriel Feugier. . Photo Lucas LARCHERDe gauche à droite : Vincent Dufour, Arnaud Lelevé et François Gabriel Feugier. . Photo Lucas LARCHER

Vers la fin des pesticides ? Le projet « 100 % robot, 0 % phytos », de la start-up GreenShield Technology créée par des chercheurs de l’Insa, souhaite protéger les plants sans recourir aux produits chimiques. Le concept allie deux technologies déjà existantes : l’analyse spectrale et le tir laser.

En gros, le robot sera capable de « scanner » un plant, d’en reconnaître les nuisibles et de les éliminer au laser ! Le robot pourra traiter tous les types d’agressions, tant qu’il peut les détruire. Sa caméra hyperspectrale embarquée est même capable de distinguer des menaces invisibles à l’oeil nu, lui permettant ainsi de traiter les maladies ou les infections dans leurs phases précoces.

Indépendant du système de déplacement, le module de « reconnaissance et destruction » pourra être monté sur différents supports, ou embarqué sur les engins agricoles. Si, sur le papier, le projet peut sembler simple, sa réalisation a donné du fil à retordre à ses concepteurs.

Thé à la menthe

François Gabriel Feugier est Docteur en biologie mécanique. Il est fondateur et PDG de la start-up Green Shield Technology. L’idée lui vint il y a 8 ans, lorsqu’une infestation de pucerons l’empêcha de se préparer un thé à la menthe. Il décida alors de mettre au point une réponse technologique, et non plus chimique, aux pestes de l’agriculture. En 2014, François Gabriel Feugier rentre du Japon, où il effectuait sa thèse. Avec l’aide de l’Insa Lyon, il reprend son projet là où il l’avait laissé, à l’état d’ébauche brévétée.

« Sexy » et écolo

A ses débuts, Green Shield a connu certaines difficultés. Jugé irréaliste ou irréalisable, le projet n’éveillait que peu d’interêt. Selon François Gabriel Feugier, tout a changé dès que le concept, « pionnier », est devenu « sexy ». « Ce n’est pas l’idée qui a évolué, c’est la société », ajoute-t-il. A partir de 2015, Green Shield commence donc à convaincre. La start-up est d’abord lauréate du concours ministériel I-Lab, En 2016, le projet obtient la 2e  place du concours d’innovations d’Agrinove, et est lauréate de l’incubateur pour start-ups écolos “GreenTech Vertes”.

Green Shield Technology bénéficie de l’appui de longue date de trois laboratoires de l’Insa Lyon (AMPERE, INL et BF2I), chacun apportant son expertise et leurs compétences. Dans le cadre de leurs projets collectifs, des étudiants de 4e année du département Génie Mécanique participent également au projet.

« Notre but n’est pas de détruire 100 % des bios-agresseurs », explique François Gabriel Feugie. « Nous voulons seulement les réduire à un bruit de fond, et laisser les prédateurs naturels finir le travail. La faune et la flore pourront alors retrouver leur équilibre naturel, dans un écosystème restauré. »